• Mes escaliers

    Mes escaliers

    [Photo : ??]

     

    "Tu es malheureuse parce que tu le veux bien".

    Putain, combien de fois, j'ai eu envie de péter les dents à ceux qui me sortaient ça, je n'ai pas choisi d'être malheureuse, pas plus que je n'ai le choix d'être heureuse. Je suis les deux et aucun. Je n'ai pas un petit interrupteur magique qui change la donne. Heureuse. Malheureuse. Heureuse. Malheureuse. T'façon, c'est très surfait le bonheur. C'est là. Plus là. Disparu dans ton cul, turlututu. 
    Essaie encore.
    Peut-être... peut-être que...

    Peut-être que rien, je descends les escaliers de mon esprit, ceux-là même qu'il me semblait avoir condamnés à perpét pour cause d'insalubrité. C'était peut-être dans une autre vie remarque. Je suis une ombre alors je me glisse dans les serrures, je descends les marches sombres de ma psyché et leur grincement sinistre à glacer le soleil. Plus souvent je les dévale alors que je m'accroche désespérément à la rampe dans l'espoir que...

    Dans l'espoir que rien du tout, je m'écorche juste les mains et je vais toujours plus bas, là où il fait tout noir, là où plus rien ne vit, là où l'âme est glace et la respiration anarchique. Même les fantômes de mon passé ont abandonné cet endroit hanté de plaies purulentes. Palais macabre de l'ignominie. En bas, il n'y a pas de chemins, pas de murs, tu ne retrouves pas la route du retour à tâtons. C'est elle qui te retrouve avec un peu chance et un cul bordé de trèfles à quatre feuilles. 

    Plus souvent, j'attends que ça passe, ça passera forcément, hein, pas vrai ? Parce que je le veux, c'est ça ? J'ai envie de te flageller sur l'autel de ton ignorance. Quand je remonte vers la lumière, c'est de façon violente, fracassante tout en me rendant compte que t'façon, le malheur il m'a gangrené le cerveau depuis longtemps. C'est devenu une épidémie généralisée dans toute ma tête. C'est incurable.

    Je descendrais toujours ces foutus escaliers. Jamais par choix et ce serait trop simple d'accuser la fatalité. J'en reviendrais éternellement fracassée, usée mais la tête haute. Je me survis là où toi tu aurais crevé depuis longtemps. On dit que l'ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne, pourtant au plus je me fracasse la gueule, au plus mon esprit s'ouvre. En cela, je serai toujours meilleure que toi et tes idées étriquées. 

    Malia Rigazzo / Texte protégé - Tous droits réservés.

     

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